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17/03/2013

BUSINESS MODEL - Peut-on vraiment établir un lien entre pouvoir économique et résultat sportif?

A dix journées de la fin du Championnat, le classement de la Ligue 1 confirme la forte corrélation entre pouvoir économique et résultat sportif. C'est moins vrai en Ligue 2.
«Tout le monde peut battre tout le monde.» Cette réflexion, souvent entendue cette saison, se vérifie pourtant de moins en moins en Ligue 1.

Si Sochaux ou Reims peuvent surprendre le Paris-SG, ce n'est plus la même chanson à l'heure des comptes finaux. A dix étapes de la fin du Championnat, les plus gros budgets - Paris, Lyon, Marseille - trustent les premières places au classement. Comme l'a relevé la DNCG dans son rapport financier publié la semaine dernière, l'indice de corrélation* entre puissance financière et réussite sportive a régulièrement augmenté ces cinq dernières années. Jusqu'à atteindre un pic la saison passée, malgré la surprise Montpellier (1er avec le 6e budget**) et l'accident Marseille (10e avec le 2e budget). En L1 (en bleu sur le graphique ci-dessous), l'indice, très élevé en 2011-2012 (0,89), va rester dans de hautes sphères encore cette année. Selon nos calculs, il s'établit pour l'instant à 0,75.
On l'observe à la forme de la courbe verte : la tendance des cinq dernières saisons est diamétralement opposée en L2. L'indice négatif constaté la saison dernière (-0,15) a même traduit une "décorrélation" entre les moyens et les résultats. Spectaculaire jeu de massacre : parmi les huit premiers budgets, un seul club (Reims, 4e) a connu un parcours en adéquation avec ses finances (2e place). A l'inverse, tous les autres ténors sur le papier (Monaco, Lens, Le Mans, Nantes, Le Havre, Metz, Boulogne) ont "sous-performé" au classement. Changement de cap pour la saison en cours : avec trois des cinq premiers budgets sur le podium (Monaco, Nantes et Caen), la L2 retrouve un indice provisoire (0,55) qui révèle une corrélation moyenne plus proche du "cercle vertueux" décrit par les économistes du sport : les moyens favorisent les résultats qui à leur tour rapportent (droits TV, billetterie, sponsoring).
Performance et... déficit

Les études utilisent une autre corrélation, basée sur les masses salariales, qui confirment plus nettement encore le mécanisme "auto-renforçant" dont bénéficient les clubs les plus riches. Tous les palmarès des principaux Championnats vont dans ce sens : gagner est l'apanage d'une poignée de clubs, y compris en France, où le carré OL-OM-Bordeaux-Monaco a ravi près des deux tiers des titres ces deux dernières décennies. Les exemples de Montpellier et de Bastia (1er de L2 l'an dernier avec le 13e budget) montrent - heureusement - que bien que surdéterminé par le pouvoir économique, le résultat n'est pas garanti par l'argent. Pas plus - malheureusement ! - que le résultat ne rime avec profit. Les économistes ont cherché sans la trouver cette corrélation-là...
* Il se calcule selon une technique statistique dite de "corrélation des rangs". Plus le coefficient est proche de 1 plus la corrélation est forte, plus il est proche de 0, plus la corrélation est faible.
** La DNCG prend en compte le budget réel établi en fin de saison et non le budget estimé au début de chaque exercice. Sur ce dernier critère, Montpellier disposait l'an dernier du 13e budget de L1.     (source: L'Equipe)

Le bilan financier de la DNCG pour la saison 2011-2012 le rappelle :