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07/03/2013

FOOT BUSINESS - Pourquoi Le Mans FC s'est offert la MMArena mais ne peut plus verser le salaire de ses joueurs ?

La direction a informé les salariés du club que le paiement des salaires de février était suspendu à l'injection d'argent frais dans le club, actuellement en grande difficulté financière.
Une semaine après avoir été auditionné par le gendarme financier du football français (DNCG), le club du Mans semble s'enfoncer un peu plus dans les difficultés. Le président du club de Ligue 2, Henri Legarda, vient d'informer ses joueurs et ses salariés qu'en l'état actuel des choses, il ne pouvait pas payer les salaires pour le mois de février, soit une charge d'environ 500.000 euros. 
En cause, les difficultés financières auxquelles le club fait face depuis plus de trois ans, et qui se sont aggravées ces derniers mois. Selon le dernier rapport financier de la DNCG, le club accusait la saison dernière un déficit de plus de 7,5 millions d'euros, et les fonds propres sont négatifs à hauteur de 3 millions d'euros. «Ce n'est pour l'instant qu'un retard de paiement, mais si nous ne trouvons pas de l'argent frais très rapidement, cette situation pourrait être amenée à durer», reconnaît-on au Mans FC. 
Ce n'est pas la première fois qu'un club professionnel français est confronté à ce type de difficultés. Le club de Sedan, qui évolue également en Ligue 2, a lui aussi suspendu les salaires de ses joueurs en novembre et décembre derniers, suite aux négociations autour de la vente du club par le président Pascal Urano. Une situation régularisée depuis. 
Poids du nouveau stade et choc financier de la relégation de 2010
Vinci Concessions, qui gère l'exploitation du nouveau stade du Mans, le MMArena, a même consenti à titre exceptionnel de diviser par deux le loyer pour la saison en cours, le faisant revenir de 1,2 million d'euros à 600.000 euros. «C'est un effort significatif, souligne Jean-Claude Boulard, le maire du Mans. En tant que concessionnaire, le groupe Vinci a largement assumé son rôle dans la sauvegarde du club». «C'est un arrangement qui ne peut être que provisoire, estime toutefois Guillaume Bertel au service communication du Mans FC. Le président Legarda a expliqué son souhait de renégocier ce loyer fixe en loyer indexé sur le chiffre d'affaires du club». De quoi diminuer le poids financier lié à l'utilisation de l'enceinte lorsque le club évolue dans des divisions inférieures
En effet, le montant des droits télés perçus diminue drastiquement lorsqu'une formation passe de la Ligue 1 à la Ligue 2. De 18 millions en 2009 à moins 6,5 millions en 2012 dans le cas du Mans. Pour assurer le sauvetage du club d'ici à la fin de la saison, le Mans FC dispose pour l'instant de deux pistes. La première étant une lettre d'intention de Michel Moulin, l'ancien propriétaire de l'ex- «Paru Vendu», qui a trouvé un repreneur prêt à mettre 2,5 millions d'euros sur la table. Cet investisseur doit toutefois encore apporter des garanties à la DNCG sur ces sommes.
La seconde option concerne une recapitalisation du club d'ici la fin de l'année (minimum 3 millions d'euros pour remplir l'exigence de la DNCG de retrouver des fonds propres positifs). Pour l'instant, le seul investisseur sur les rangs, Jérôme Ducros, président du club de Luzenac, n'est prêt à investir qu'1,5 million d'euros. Une troisième voie semble malgré tout se dessiner puisque la Ville du Mans à majorité PS est de son côté disposée à aider le club en rachetant son centre d'entraînement (La Pincenardière) pour 2 millions d'euros. À la condition que la direction «présente un projet de reprise viable et pérenne». Ce qui n'est pas encore le cas.
Le MMArena, premier «naming» de l'Hexagone
Inaugurée en 2011 et premier «naming» de France, l'enceinte de 25.000 places dont le Mans FC est le club résident a construit sa notoriété sur son mode de financement. Effectuée par le groupe de BTP Vinci, sa construction a coûté 104 millions d'euros, dont 13 millions apportés par l'assureur MMA (3 millions pour la construction et 1 million par an en échange de l'appellation du stade pendant 10 ans). La Ville du Mans a pris en charge 31,5 millions d'euros et le département et la région, 18 millions. Enfin Vinci a financé près de la moitié du projet (52 millions d'euros). Le groupe gère l'exploitation du stade pendant 33 ans, au terme desquels la Ville du Mans en deviendra propriétaire.    [source: Le Figaro]