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16/03/2013

FOOTBALL - Quand la pression du Sport Business s'abat sur les enfants recrutés à 6 ans par les clubs

Les clubs de football anglais recrutent les enfants dès 6 ans, mais seulement 1 % d'entre eux accéderont au niveau professionnel. Dur, dur pour les autres.
Thomas Garner vit et respire pour le football. A 11 ans, il tape dans le ballon dès qu'il peut – dans le jardin de sa maison du Berkshire ou dans le parc du quartier, pour son club le dimanche et pour l'équipe de son école la semaine. Il est agile, léger et rapide ; le football est clairement inscrit dans ses gènes : son père, Simon Garner, est un ancien professionnel et meilleur butteur de tous les temps des Blackburn Rovers [club fondé à Blackburn (Lancashire) en 1875 et actuellement relégué en Ligue 2]. Pourtant, le très prometteur Thomas a déjà été victime de ce qui constitue peut-être l'aspect le plus impitoyable de ce sport.
Repéré à 8 ans, il a été invité à rejoindre la catégorie des moins de 10 ans du club de Premier League Reading FC, où il s'entraînait avec trente autres jeunes talents exceptionnels. Il avait signé pour jouer exclusivement avec le club. Un an après, il a été libéré. On ne lui a pas vraiment donné d'explication, si ce n'est qu'il était plus petit que les autres enfants de son âge. "Ç'a été une leçon pour nous deux, affirme Simon. Selon moi, les clubs recrutent les garçons quand ils sont trop jeunes. Ils les font signer avant l'âge de 10 ans pour qu'ils jouent exclusivement pour eux. Ils imposent leur emploi du temps du week-end et, souvent, ils privilégient le physique au détriment du talent. C'est ridicule parce que les enfants ne grandissent pas tous au même rythme."
Un programme d'élite 
Conscients que la croissance et les progrès ne sont pas uniformes, les clubs gardent les joueurs le plus longtemps possible, indique Eamonn Dolan, le responsable des moins de 10 ans du Reading FC. Pour les enfants qui ne sont pas retenus à 9 ou 10 ans, cela peut être un "moment douloureux", convient Dolan, mais ils réapparaissent souvent dans la structure de formation plus tard. Cela évoque tout de même une sorte de tapis roulant sans fin. "Nous voulons des joueurs les plus jeunes possibles, dès l'âge de 6 ans, explique-t-il. C'est un programme d'élite et nous cherchons les meilleurs." Pour Thomas, la déception a fini par être remplacée par la simple envie de jouer au football. Mais ce n'est pas le cas pour tout le monde.
Josh, 10 ans, a été entraîné dans un club de Championship [Ligue 2] avant d'avoir 7 ans, mais, quelques mois seulement après sa sélection, on lui a demandé de ne pas revenir. "Lui qui ne faisait rien d'autre que jouer au foot, il s'est transformé en enfant introverti qui ne voulait plus jouer au ballon avec ses copains", commente Julie, sa mère.
Stress, épuisement et surmenage
On pourrait penser que les heureux élus sont à envier, mais ils subissent d'autres types de pressions. Dans le cadre d'une étude publiée récemment dans le Journal of Sport and Exercise Psychology (Journal de la psychologie du sport et de l'entraînement), le Dr Andrew Hill, qui enseigne les sciences du sport à l'université de Leeds, a interrogé 167 jeunes joueurs dans 8 écoles de football rattachées à des clubs professionnels anglais. Il a découvert que nombre d'entre eux souffrent de stress chronique, d'épuisement et de surmenage. Un quart de ces jeunes se disent épuisés, 1 % d'entre eux le sont fréquemment et se sentent désabusés. "C'est parfois très dur, affirme le Dr Hill. C'est un environnement qui peut favoriser un état d'esprit où les joueurs se croient destinés à un bel avenir dans le football. Ils se mettent également à se définir uniquement par rapport à leur sport, et cela a créé un déséquilibre. Quand les choses ne marchent pas, c'est la catastrophe et ils n'arrivent pas toujours à y faire face." Nombre de clubs professionnels recrutent des enfants dès l'âge de 6 ans, les font intégrer leur école à 8 ans. Chaque année, certains joueurs sont priés de partir. S'ils réussissent à rester jusqu'à 12 ans, ils signent un contrat de deux ans. Cependant, ils risquent encore de ne pas être retenus à 14 ou à 16 ans. Dans la pratique, moins de 1% des 10 000 joueurs passant par les écoles de football accéderaient au niveau professionnel.    (source: The Times)