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08/03/2013

JOURNEE DE LA FEMME - Polémique autour de la FIFA qui n'assure pas les Femmes en cas de blessure en sélection

Depuis septembre dernier, la FIFA prend en charge le salaire des joueurs internationaux blessés en sélection. Des joueurs, pas des joueuses. Emoi dans les clubs féminins. 
Courtoise mais ferme, la lettre est adressée à Jérôme Valke, secrétaire général de la FIFA : «Nous pensons que les joueuses internationales devraient également bénéficier du régime d'assurance (décidé par le congrès de mai 2012). Hommes ou femmes, les joueurs ont la même importance». Sexiste, la FIFA ? Entre les lignes, la Ligue suédoise de football féminin s'interroge, et avec elle 24 clubs norvégiens, le Standard de Liège et l'OL qui ont appuyé son courrier du 14 janvier.
Les faits ? Si, depuis septembre 2012, les clubs masculins sont soulagés du salaire des joueurs blessés avec les A - pour une durée maximale d'un an et avec certaines restrictions (franchise de 28 jours, pas de couverture invalidité permanente et décès) - rien, en revanche, n'est prévu pour les clubs féminins. Si une joueuse est immobilisée par une blessure en sélection, son salaire reste à leur charge. Une double peine puisqu'il faut aussi payer le salaire de la remplaçante. 
Parmi les premiers clubs à profiter du nouveau régime, le Real Madrid a perçu 1,5 million d'euros pour les trois mois d'arrêt de son latéral brésilien Marcelo, suite à une blessure à une cheville avant un amical en octobre contre le Japon. «Les blessures en matches amicaux ont mis le feu aux poudres, rappelle Fabrice Lorvo, avocat specialisé en droit du sport au cabinet FTPA. Les clubs, qui subissent l'explosion des masses salariales, pouvaient encore admettre un préjudice pour défendre le drapeau national en compétition, mais pour des amicaux à visée commerciale...» Mais pourquoi les femmes sont-elles exclues de l'assurance FIFA, alors qu'elles gagnent bien moins que les hommes ? 
Didier Loiseau, assureur spécialisé dans le sport de haut niveau, avance que «la disparité des statuts des joueuses rendrait peut-être complexe l'application du dispositif». «Je ne vois aucune autre raison d'en exclure les femmes qui font le même métier et prennent les mêmes risques.» Il ajoute : «il faut considérer que la FIFA n’est gouvernée que par des hommes...» «Ce n’est peut être aussi qu’une histoire de gros sous, complète Me Lorvo, car assurer les clubs féminins aboutirait quand même à une augmentation des primes d’assurance payées par la FIFA.» «Il est important que les femmes soient à l'origine de ces revendications, relève pour sa part Fabienne Broucaret, fondatrice du blog Sportissima. C'est assez nouveau et je m'en réjouis car ce sont les principales intéressées qui peuvent faire remonter les inégalités qu'elles vivent au quotidien.» Dans sa réponse à la Ligue suédoise, la FIFA s'engage à «analyser la situation avec les parties prenantes», avant une «possible extension». Presque une assurance...    [source: L'Equipe]