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28/12/2012

FOOT BUSINESS : 2013 sera l'année du Fair-Play financier mais son application suscite de nombreux doutes

Parmi les faits marquants de l'année 2012, un thème récurrent se dégage : le Fair-Play financier. Voici ce que pensent trois économistes du sport:

Frédéric Bolotny : La victoire des dopés financiers

«Deux clubs anglais ont gagné en 2012 deux des compétitions mondiales majeures, la Premier League et la Ligue des champions, en cumulant 1 milliard d'euros de pertes en 4 ans pour Manchester City et un peu plus encore en 9 ans pour Chelsea qui a battu en finale le Bayern, incarnation de la vertu économique avec ses comptes équilibrés. Il faut en finir avec ce dopage financier ! Il pose un problème éthique et d'équité mais aussi un problème économique en raison des bulles spéculatives qu'il génère. Or ces modèles semblent être devenus la référence absolue, la voie à suivre. Sortir de l'économie virtuelle et tendre vers l'équilibre d'exploitation des clubs comme le souhaite l'UEFA est un chantier compliqué dans une industrie affective comme le football. Mais si la part d'irrationnel, liée à l'aléa sportif, doit demeurer, la règle financière elle, doit s'uniformiser. L'enjeu est énorme pour le football mais aussi les autres sports. Vivement le fair-play financier !»

Bastien Drut : L'UEFA osera-t-elle sanctionner ?

«2012 a été l’occasion de quelques éclaircissements au sujet du fair-play financier. La victoire de Chelsea en C1, le triomphe en Championnat de Manchester City et la nouvelle dimension donnée au PSG par l’arrivée de QSI à son capital ont fait naître de nombreuses questions sur l’application des règles du jeu et sur les ambitions de l’UEFA vis-à-vis des clubs détenus par des multimilliardaires, souvent très largement déficitaires. Osera-t-elle les sanctionner ? La réponse est «très vraisemblablement» mais l’éventail de sanctions annoncé en 2012 est très large : avertissement, amende, retrait de points, retenue sur les dotations financières versées par l’UEFA, restriction sur l’enregistrement des joueurs et exclusion. Il y a donc fort à parier que l’UEFA sanctionne si besoin les clubs ultra-riches mais uniquement de peines «légères» et pas d’une exclusion, afin de préserver l’attractivité de la Ligue des champions.» 

Vincent Chaudel (Kurt Salmon) : Gare aux effets pervers

«2012 a montré le poids du marketing d'état du Qatar : le PSG a été le principal acteur européen des mercato et il va bénéficier du "contrat en or" avec QTA (Qatar Tourisme Authority) présenté en décembre à la DNCG. Avec Paris, la France a désormais la puissance pour attirer des stars et à terme gagner des titres. Dans ce contexte, le danger du fair-play financier, c'est l'effet pervers qui reviendrait à fermer la cour des grands aux nouveaux entrants. Il ne faut pas confondre investissement et règles d'équilibre. Est-ce le Qatar qui est une aubaine pour le PSG, ou l'inverse ? Combien le Qatar aurait-il payé une campagne mondiale de promotion de son tourisme ? Sans doute beaucoup plus que 150 ou 200 millions d'euros ! Si Jean-Michel Aulas est vent debout contre ce contrat et se dit certain que l'UEFA le retoquera, c'est que l'OL se retrouve dans la position stressante du challenger dans la course à la C1. Doublement même avec l'arrivée probable au sommet d'un Monaco milliardaire qui profite d'une fiscalité privilégiée.»   [source: L'Equipe]